Lacan à l'épreuve du cinéma de Yasujiro Ozu : du vide, du regard : la dimension de l'autre

Citation

Salazar Leal, Silvia, “Lacan à l'épreuve du cinéma de Yasujiro Ozu : du vide, du regard : la dimension de l'autre,” Bibliothèque numérique Paris 8, accessed December 13, 2019, https://octaviana.fr/document/2018PA080059.

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Le cinéma de Yasujiro Ozu se caractérise entre autres par la divergence des commentaires à son égard. Pour certains critiques, son esthétique « typiquement japonaise » évoquerait la résignation paisible face à un destin hostile. Pour d'autres, l'expérience de la vision d'un film d'Ozu serait « cruelle » et « intense » dans la mesure où la « violence des coupes » produirait un « sentiment d'étrangeté ». L’œuvre d'Ozu se présente ainsi comme un noyau susceptible de polariser des significations opposées, occupant un espace « entre » qui laisse au spectateur le choix de sa position face au paradoxe que cette œuvre incarne. Dans le sillage de Kiju Yoshida, pour qui le montage d'Ozu « crée le lieu d'une nouvelle formation de sens » et de Hisaki Matsuura, pour qui le regard-caméra annonce l'approche du réel, la présente thèse cherche à montrer que par la construction de ses films, Ozu déclenche le mécanisme du désir et ouvre une nouvelle dimension dans le récit filmique : la dimension de l'Autre. Ce à quoi contribue le vide omniprésent dans l’œuvre d'Ozu. Pour la pensée extrême-orientale, le vide est un élément porteur de sens ; selon la théorie lacanienne, dès lors que le désir est attiré par le vide, celui-ci devient signifiant au même titre que le plein. Le rapprochement entre la notion japonaise ma, l'intervalle, et le signifiant primordial comme vide « positif », permet in fine de comprendre comment dans les films d'Ozu le vide apparaît dans le rapport entre la composition de l'image et le montage. Ce vide, qui n'appelle pas l'imagination mais la fonction signifiante, renverse la relation du film au spectateur et crée un lieu où l'objet regardé devient une entité désirante.

Yasujiro Ozu films are distinguished among other things, by the divergence of comments about them. For some critics, their “typically Japanese” aesthetics evoques peaceful resignation to a hostile fate. For other critics, viewing an Ozu film could be a “cruel” and “intense” experience since the “violent cuts” produce a “feeling of strangeness”. Thus Ozu works appear to be a core likely to attract opposing meanings, occupying a space “in between” which gives the spectator the choice of a position faced with the paradox these films embody. Following Kiju Yoshida, for whom Ozu's editing “creates the place for a new sense formation” and Hisaki Matsuura for whom in camera look announces the approaching of the Real, the present thesis is an attempt to demonstrate that by means of the construction of his films, Ozu triggers the mechanism of  Desire, opening a new dimension in the film: the dimension of the Other. Which the omnipresent void in Ozu films contributes to. The Eastern way of understanding the empty space is that it is an active design element; according to Lacan, since Desire is attracted by the void, it becomes a signifier in the same way the solid is. Bringing together the Japanese idea of interval, ma, and the Primordial Signifier as a “positif” void allows in fine to undestand how the void in Ozu films emerges from the relation between editing and image composition. This void, which doesn't appeal imagination but the domain of the signifier, reverses the relationship between the spectator and the film creating a place.

Subject

Vide Regard

Creator

Salazar Leal, Silvia

Contributor

Vauday, Patrick (Sous la direction de)

Source

Paris 8

Date

2018/02/07

Identifier

2018PA080059

Is Replaced By

2018PA080059

License

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