L’Imaginaire dans la critique littéraire des années 1950-1960 : images et geste dans les œuvres de Charles Mauron, Lucien Goldmann et Roland Barthes

Citation

Procopio de Araujo Ferraz, Paulo, “L’Imaginaire dans la critique littéraire des années 1950-1960 : images et geste dans les œuvres de Charles Mauron, Lucien Goldmann et Roland Barthes,” Bibliothèque numérique Paris 8, accessed November 13, 2019, https://octaviana.fr/document/2017PA080104.

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Dans la critique littéraire française des années 1950-1960, certains éléments apparaissent comme des évidences. Malgré les différences des méthodes, une idée sous-tendait toutes les lectures : il y aurait, dans les textes, des significations cachées qu’une interprétation devrait révéler. Dans les travaux des trois auteurs étudiés (Charles Mauron, Lucien Goldmann et Roland Barthes), on peut repérer des images qui traversent leurs œuvres et qui sont liées à leurs conceptions de l’objet littéraire. Or, ce qui est intéressant dans leur critique, c’est qu’il est impossible de trouver des éléments qui décrivent les textes qui ne soient imaginaires : en suivant le fil des interprétations de ces auteurs, il n’y a pas de moment où l’image cesse d’agir, comme si le propre du texte se dérobait à chaque fois sous le travestissement d’une autre image.Ces images montrent que la critique littéraire de l’époque étudiée accomplissait deux gestes, proches de deux figures de langage. La tautologie est ce qui ne réussit à établir un rapport de l’objet qu’avec lui-même. Le paradoxe fait le mouvement contraire, puisqu’il repose sur l’idée que les différences doivent être authentiques.Or, ce que l’imaginaire des auteurs donne à voir, c’est une certaine notion de la littérature. Leurs images témoignent de la construction de la littérature comme une pratique discursive marginale : ce qui intéresse les auteurs, c’est de voir ces textes comme un acte de résistance, capable d’utiliser un langage qui défie les usages « normaux » de la langue. Mais, paradoxalement, ils tendent à naturaliser cette position marginale et légitimer la place centrale occupée par les sciences et par la philosophie.

In French literary critique of the years 1950-1960, certain elements were seen as evidences. Despite the differences between the methods the authors used, one idea was always present: for them, the texts concealed hidden meanings that their analyses were meant to reveal. In the works of the three authors we chose to study (Charles Mauron, Lucien Goldmann and Roland Barthes), it is possible to find images that are related to a certain conception of literature. It is interesting to note that in their methods, it is impossible to find definitions of the text that are not touched by an imaginary activity. Reading the authors, we realise that images are everywhere, as if the text itself constantly eluded the analysis.The images show that the literary critique of the time performed two different gestures, that correspond to two figures of speech. Tautology is the figure that establishes that an object can only be defined by itself. Paradox does the exact opposite, stating that only in difference can we find its identity.By analysing the authors’ imaginary, one can reconstruct a certain idea of literature. Their images show literature as a marginal discourse: their interest in literary texts lies in the fact that they can resist the “normal” usage of language. But, paradoxically, this way of looking at them tends to naturalise their marginal position and thus legitimate the privilege accorded to science and philosophy as the standard form of expression.

Subject

Imaginaire Geste Figure Critique Jean Racine Charles Mauron Lucien goldmann Robert Barthes

Creator

Procopio de Araujo Ferraz, Paulo

Contributor

Clément, Bruno (Sous la direction de)

Source

Paris 8

Date

2017/06/29

Identifier

2017PA080104

Is Replaced By

2017PA080104

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